Persistence
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Claudio Gobbi
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La photographie fait apparaître tout ce qui est là. La peinture fait comparaître tout ce qui devrait être là, c’est, du moins, le lieu commun qui
a créé dans notre perception une sorte d’inertie, comme quoi le rapport entre la photographie et la réalité serait direct, alors que le rapport
de la représentation picturale avec cette même réalité serait absolument indirect. Mais pourquoi aborder la photographie sous l’angle de son
rapport à la peinture pour présenter le travail de Claudio Gobbi, qui n’a jamais voulu être peintre, et qui, dans son oeuvre photographique, n’a
jamais recouru à la moindre réélaboration « photographique » ? Parce que dans ses photos, on perçoit le même jeu de leurre, qui, dans un
autre contexte, se verrait qualifier de manipulation, voire de manipulation picturale. Ses intérieurs entraînent une sensation de suspension,
d’ « escamotage », sans être pour autant des sujets particulièrement emplis de mystère, ni encore moins photographiés de manière énigmatique
: certes, le théâtre – un des lieux de prédilection de Gobbi – est par excellence le lieu de la fiction, mais peut-on dire cela de son
vestiaire ? Du foyer ? Et la salle de réunion d’une association de périphérie ? Le patronage paroissial ? La guinguette ? En fait, Gobbi parvient
à réunir tous ces lieux sous le signe d’une atmosphère commune, instaurée sur un double registre, à la fois sociologique et linguistique.
Sociologique, car dans toutes ses prises de vue, effectuées dans plusieurs villes d’Europe – Prague, Varsovie, Paris, Berlin, Barcelone, Milan…
- on retrouve un penchant pour l’enquête sociologique, menée comme seul un photographe peut la mener : à travers des détails, des
ressemblances, des couleurs, des dispositions semblables d’objets, meubles, décorations, s’établissent des relations entre des lieux qui
finissent par déterminer une culture commune, un climat européen, mais cet élément ne serait pas aussi efficace s’il n’était accompagné et
même imprégné de cet aspect linguistique déjà mentionné, à propos de leurre et de suspension des atmosphères représentées.
Marco Meneguzzo (extrait d'un texte paru en 2006)
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La photographie fait apparaître tout ce qui est là. La peinture fait comparaître tout ce qui devrait être là, c’est, du moins, le lieu commun qui
a créé dans notre perception une sorte d’inertie, comme quoi le rapport entre la photographie et la réalité serait direct, alors que le rapport
de la représentation picturale avec cette même réalité serait absolument indirect.
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