Le Leica
|
|
|
|
Depuis 1849, l'entreprise allemande LEITZ, présidée par Ernst Leitz, s'est
spécialisée dans la production de lentilles de précision pour microscopes,
jumelles, téléscopes et autres appareils optiques. En 1905 son ingénieur en
chef, Oskar Barnack, s'est consacré à la fabrication d'un prototype d'appareils
photographiques de petite taille permettant l'utilisation d'une pellicule réduite.
Sous le nom de Leica (abbréviation attribuée par Ernst Leitz pour Leitz-Camera)
la production en série a été lancée en 1924. Ayant pu bénéficier
d'une excellente expérience scientifique de leurs créateurs, ces modèles se
sont imposés sur le marché avec la réputation de caméras de luxe.
|
|
|
L'intérêt particulier de ces recherches était de trouver un moyen de profiter
des innovations établies dans le secteur de la cinématographie en employant comme
pellicule un segment des films utilisés par les cinéastes. Les dimensions et les
perforations de ce cellulloïd étaient déjà standardisées depuis 1891
par Thomas Edison (1847-1931). Auparavant les formats des négatifs utilisés dans la
photographie étaient de 45 x 60mm à 60 x 90mm ou plus, et les tirages positifs pouvaient
être obtenus par simple copie directe, au même format que les négatifs.
La petite taille de ce nouveau support, sur lequel les clichés ne mesuraient que 24 x 36mm,
nécessitait d'une part des objectifs de précision lors des poses, et de l'autre un
matériel d'agrandissement pour les tirages positifs.
|
|
|
Au fil des années, les modèles ont été perfectionnés par l'intégration d'un
viseur équipé d'un dispositif de mise au point optique (télémètre),
par une conception permettant l'interchangeabilité des objectifs et par des mécaniques
d'armement et de déclenchement silencieuses. Robustes, compacts et légers ces appareils vont
révolutionner l'histoire du photojournalisme. Leur finition pointilleuse à partir de
matériaux nobles, la qualité exceptionnelle des photos et le prix élevé
des appareils valent à Leica d'être considérée comme marque de luxe. Mais
leur succès est avant tout lié à l'apparition des pellicules couleurs.
|
|
Le cadrage et la mise au point sont effectués à travers un oculaire. Beaucoup de ces
modèles sont équipés d'un viseur direct, situé à un autre
endroit que l'objectif de la prise de vue, recueillant donc la scène à partir d'un autre angle.
L'inconvénient est que le photographe ne voit pas exactement l'image qui sera
enrégistrée sur le film. Cette erreur de parallaxe est d'autant
plus prononcée que le sujet est proche de l'appareil. De même on ne peut pas
apprécier visuellement l'effet de filtres ou l'influence des objectifs
sur la profondeur de champ. (Ces désavantages ne seront résolus que par
l'apparition d'un système du type reflex mono-objectif.)
|
|
|
Un dispositif de mise au point télémétrique utilise deux images recueillies
sous différents angles à travers deux viseurs écartés.
A l'aide d'un miroir semi-transparent, ces images se superposent. La bague de réglage de
distance de l'objectif est couplée par un système d'engrenage à une lentille mobile.
Si les lentilles ne sont pas correctement réglées, le photographe voit deux images
décalées dans l'oculaire. La mise au point sera précise, si les superpositions
se confondent. Cette technique permet donc de corriger les paramètres sans réellement
voir à travers l'objectif. Aujourd'hui une optique similaire est utilisée pour la mise
au point automatique à l'aide d'un rayon infrarouge.
|
|
© 2005 textes et images: CNA / Claude Jacobs
|
|
|
|
 |