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Box-camera

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En 1888, un jeune employé de banque américain, George Eastman (1854-1932), devient détenteur du brevet d'invention d'une petite caméra en forme de coffret. Simple à manipuler, léger, et avant tout bon marché, ce appareil connait un énorme succès dans le monde entier. Mais l'invention proprement dite d'Eastman était de remplacer les plaques photographiques encombrantes et difficiles à manipuler par une pellicule synthétique souple en bobine.

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A l'époque, le monde de la photographie était réservé à des professionnels ou amateurs fortunés, et un laboratoire approprié ainsi que des connaissances approfondies en chimie étaient indispensables. Fondateur de la compagnie KODAK et commerçant avisé, Eastman avait pour but de rendre la photographie accessible au grand public. Sa société -se chargeant également du développement chimique des pellicules et tirages- se manifesta rapidement sur le marché mondial avec des slogans comme "You press the button, we do the rest" ("Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste").

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Tous les modèles de ce genre sont construits à partir de composants simples, donc faciles à reproduire industriellement. La figure ci-contre montre le mécanisme typique d'un obturateur à l'intérieur d'une caméra box (vue de face). Au moment du déclenchement, un levier attaché à un petit ressort fait tourner un disque métallique percé d'un trou. La vitesse de rotation détermine ainsi le temps d'exposition de la pellicule à la lumière. Sur quelques appareils, une lame coulissante placée derrière l'obturateur permet de changer le diamètre de l'orifice, jouant ainsi le rôle d'un diaphragme. Souvent, le mécanisme de l'obturateur ferme un interrupteur électrique pour activer un flash externe, et certains modèles sont équippés d'un petit levier qui engage l'arrêt du disque pour que l'obturateur reste ouvert tant que le déclencheur est pressé (comparable à la position "B" sur les appareils ordinaires).

A l'intérieur du coffret, le celluloïd est enroulé sur deux bobines de manière à ce que la partie du film, prête à être impressionnée, se trouve à l'arrière de la boîte. Une manivelle extérieure permet l'avancement de la pellicule. Le photographe a donc la possibilité de réaliser jusqu'à 28 clichés sur un seul support ce qui lui assure une autonomie sans précédent. L'objectif est une simple lentille (verre convexe) fixée au boîtier. Dépourvu d'un mécanisme de mise au point, cet inconvénient est compensé par la grande superficie de la pellicule. La plupart de ces modèles sont munis de deux objectifs de visée, l'un pour les poses portrait, l'autre pour les poses paysage. Les deux miroirs intégrés ne sont que de simples pièces en tôle dont les surfaces sont polies.

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A l'époque, les films étaient expédiés chez Kodak qui réalisait les tirages positifs par copie directe, au même format que les négatifs. La photographie s'etant imposée comme outil privilégié de la représentation du quotidien, la plupart des documents existants proviennent des archives privées. Pendant la première guerre mondiale, la photographie est rapidement devenue un moyen de propagande et toute publication est sévèrement censurée par les états: la représentation de la mort doit rester absente dans les témoignages officiels. Par son accessibilité au grand public, la caméra box a donc considérablement contribuée à immortaliser et à dévoiler un peu de la réalité de l'histoire.

© 2005 textes et images: CNA / Claude Jacobs


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