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Points of entry


Par Victor Sira

Résumé

Année de création :

Points of Entry (Points d’Accès) concerne l’immigration clandestine vers l’Union européenne à partir de trois zones frontalières : Calais dans le nordde la France, Ceuta/Tarifa au sud de l’Espagne, et la Moldavie sur le versant oriental de l’Union européenne.J’ai démarré ce

Points of Entry (Points d’Accès) concerne l’immigration clandestine vers l’Union européenne à partir de trois zones frontalières : Calais dans le nordde la France, Ceuta/Tarifa au sud de l’Espagne, et la Moldavie sur le versant oriental de l’Union européenne.J’ai démarré ce projet en décembre 2002 en allant à Calais, ville portuaire où j’ai photographié des réfugiés afghans et kurdes désireuxd’entrer en Grande-Bretagne. Les autorités françaises venaient de fermer le centre de rétention pour réfugiés de Sangatte, près de Calais,qui avait durablement envenimé les relations entre le Royaume-Uni et la France. La classe politique britannique accusait le centre deSangatte d’encourager les demandeurs d’asile à franchir la Manche, de par sa proximité avec le terminal Eurotunnel de Calais. Toutefois, lafermeture du centre n’a pas interrompu le flux de réfugiés. Les Afghans et les Kurdes d’Irak se terrent à présent dans les bois ou dans lesblockhaus construits par les Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale à quelques kilomètres de Calais, avant d’essayer de gagnerl’Angleterre, où ils sont persuadés qu’ils recevront tous l’asile politique.

Cela m’a donné l’idée d’étendre le projet à deux points d’accès supplémentaires : les eaux territoriales espagnoles en Méditerranéeentre Ceuta et Tarifa, et la Moldavie en Europe orientale. Mon intention était de me rendre sur place pour y débusquer les petits signesrévélateurs des changements, dans leur vie de tous les jours, des rapports des émigrants aux frontières, anciennes et nouvelles, de l’Unioneuropéenne.

A Ceuta/Tarifa, j’ai photographié des jeunes hommes originaires pour la plupart du Maroc et d’Afrique sub-saharienne qui franchissent ledétroit de Gibraltar dans l’espoir d’entrer en Europe. En Moldavie, j’ai constitué un corpus documentaire donnant un aperçu des raisons quipoussent 25% de la population à émigrer vers l’Union européenne et ailleurs en me penchant sur les répercussions d’un tel phénomène surles femmes et les enfants qui restent au pays.Chaque site est une facette d’un thème plus vaste, et en les explorant à tour de rôle, j’utilise la photographie pour élargir le débat sur lasignification et l’impact de l’immigration : Calais constituant le point de passage, Ceuta et Tarifa, le point d’arrivée, et la Moldavie, le pointde départ.

Dans ce travail, je vise un effet réaliste, que je renforce en attirant l’attention sur des détails insignifiants, respectant la nature humaine sansessayer de la rendre encore plus palpable et en reléguant souvent le sujet principal au second plan.

Victor Sira