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You won't escape my love


Par Lucile Risch

Résumé

Année de création :

La situation est artificielle, mais ça ne change en à la sincérité des gestes. Lucile Risch demande à des amis, des couples, des enfants et leurs parents, des frères et des sœurs de poser pour elle, autour du thème »tu n’échapperas

La situation est artificielle, mais ça ne change en à la sincérité des gestes. Lucile Risch demande à des amis, des couples, des enfants et leurs parents, des frères et des sœurs de poser pour elle, autour du thème »tu n’échapperas pas à mon amour ». A quels gestes cette phrase va-t-elle les inciter ? Déjà, l’amour devient une menace.

Pourtant les modèles se prêtent volontiers au jeu. Et c’est bien d’un je qu’il s’agit, ainsi les enfants, moins inhibés et moins préoccupés parleur image, y réussissent-ils le mieux. On ne peut ailleurs pas parler de pose, les séances tiennent de la chorégraphie improvisée.Les modèles sont en mouvement permanent, et Risch s’intègre à ce mouvement.

Les couples sont libres de choisir le lieu du shooting et de préparer la séance.

Comment se préparent-ils ? Chacun de son côté ?Concertation ? La caméra est-elle intimidante ou provocatrice ? Est-ce une libération ou une contrainte? Qui prend les initiatives? Qui, dans la logique du couple, prononce la phrase ? qui voulait participer au projet et pourquoi?

Si l’appétit vient en mangeant, il en va de même pour la chorégraphie improvisée, la timidité tombe rapidement, l’artifice s’estompe et le désir de toucher, d’être touché ou de ne pas être touché se manifeste…le jeu se transforme en système de messages codés, dont le destinateur ignore souvent la portée. Deux volontés s’affrontent, deux façons de concevoir le jeu(Je voudras faire ceci. Vs Je n’aime pas cela.)

Le projet a été entièrement réalisé avec des films polaroïd (polachrome et polagraphe) qui ne sont plus produits, car la fragilité de la pellicule les rend difficiles à manipuler. Lucile Risch a racheté les derniers stocks européens. Les photos comme la narration sont brutes, sans raffinement, sans artifice et dégagent une atmosphère d’intimité presque pudique. Les angles de vue sont souvent déconcertants pour le spectateur qui sera obligé de déchiffrer les segments corporels qui se superposent ou se mêlent.

YH