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REFLECTIONS


Par Véronique Kolber

Résumé

Année de création :

"le temps, la vie... on roule la nuit sur une route enneigée, on écoute le silence d'une chambre, on s'interroge devant une vitrine - am I you ? - , on marche dans un couloir, tout ça comme dans un film

"le temps, la vie... on roule la nuit sur une route enneigée, on écoute le silence d'une chambre, on s'interroge devant une vitrine - am I you ? - , on marche dans un couloir, tout ça comme dans un film presque, ...L'errance de la vie, avec des images par-ci par-là : la vision, c'est aussi le bruit, l'odeur, la danse, tous les sens en éveil, à la recherche d'une sorte de grâce ?

La couleur est comme le noir et blanc, ce n'est pas ça qui compte & ce qui compte, c'est à quel moment un détail va raconter une ambiance, tout un état d'âme & Photographier par besoin de voir, de montrer, mais très simplement, des photos telles quelles, rien de sensationnel ! Larry Clark photographiait ses amis, la défonce, à Tulsa, Luis Baylon à Madrid aime les gens qu'il photographie dans la rue, c'est bien au-delà du reportage... On roule sans aucun but précis, Bill, Laurie, Juan, Roger, dans ce Mexique aérien des années 60, donc les photos seront pareilles, sans but précis, comme ça, par besoin des sens, de l'éveil...

Cette "vie nouvelle" dont parle Véronique Kolber dans ses notes... "des moments vécus", "le quotidien", dit-elle... Avec des moments de silence cinématographique, quand il ne se passe rien dans le décor d'un film. Dans "L'année dernière à Marienbad", c'étaient les longs temps de pose, si longs, qui donnaient la sensation photographique d'éternité, au contraire de l'instant soi-disant décisif de la photographie. Même si la technique est si rapide - clic, un millième de seconde, incroyable ! Tout ça n'est pas si décisif que ça !

C'est bien de ça que nous parle Véronique Kolber, que ces moments-là ne sont pas décisifs du tout ! Elle prend "des objets, des personnes" mais qui ne sont pas là pour arrêter le temps mais plutôt pour le continuer sur cet écran sans fin. Pas d'exploit nerveux, juste des images "pour rien" pourrait-on presque dire ? je me demande. Des échos d'émotions.On bouge sans avoir peur de rater la photo, ça n'a finalement aucune importance (qu'elle soit ratée ou réussie !)... on hésite entre régler le proche ou le loin, qui sait ? Et...on se prend même en photo, pourquoi pas ? C'est un drôle de truc, la photographie, qui nous fait croire que l'on peut arrêter le temps...

Fenêtres, vitrines, rideaux, rétroviseurs, viseurs, négatifs, tirages : écrans des projections de la vie chaque jour avec ce qu'on aime, ce qu'on n'aime pas, pour essayer de comprendre. Jouer du piano sans savoir en jouer, surtout sans savoir, juste des sons que le besoin arrive à rendre beaux ; écriture : les photos de Véronique Kolber se promènent dans les sons des sens, errent dans les longues journées et les longues nuits, participent à l'éveil, et aux multiples surprises : il neige, c'est merveilleux de beauté, de silence, non ? j'aime dire que "la photographie parle des moments apparemment sans importance qui ont, en fait, tant d'importance", certes.

Ces moments-là s'additionnent dans la mémoire où ils réapparaissent un jour ailleurs, pareils ailleurs. Il faut s'imprégner de souvenirs à l'avance. La photographie est multiple, formidable arme sociale (Lewis Hine), documentaire éternel (le Londres de Bill Brandt), chant magique (Weston), littérature visuelle et encore bien d'autres choses. A l'époque où c'est la télévision qui nous montre l'actualité sur le vif, sur le champ, et c'est nécessaire, d'autres photographes apportent en parallèle la poésie, car elle est aussi nécessaire, elle est une source de vie, et Véronique Kolber nous parle de cela, qu'elle vit et nous montre par-ci par-là..."

Bernard Plossu, 2002.

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