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"Ruines"et"Nouvelles sirènes"


Par Elvire Bastendorff

Résumé

Année de création :

« Mes Photographies sont à considérer comme médium de l'hybridation, support-image tenant en leur sein un ensemble de préoccupations plastiques.Le projet élabore deux séries de photographies.La première série est un diaporama « Ruines ». Ce mode de présentation ambivalent joue de

« Mes Photographies sont à considérer comme médium de l'hybridation, support-image tenant en leur sein un ensemble de préoccupations plastiques.

Le projet élabore deux séries de photographies.La première série est un diaporama « Ruines ». Ce mode de présentation ambivalent joue de l'image insaisissable et cependant spectaculaire.La deuxième série « Nouvelles Sirènes » est une installation photographique òu se côtoient autoportraits, paysages et performances photographiées évoquant une mythologie personnelle entre fiction et réalité.

« Ruines » évoque un regard flou porté sur un monde d'òu ne restent que des corps et des visages de femmes. Les lumières et les couleurs sont denses révélant ainsi des corps qui se noient dans la surface vive de l'image et des autres qui se réduisent comme brûlés par la lumière, comme si l'ambiguïté du bonheur et de la beauté de ces femmes ne pouvait se monter que par une non-existence physique. La nébulosité des images évoque la solitude des êtres, la ruine des corps dans un monde délitescence. Les images fragiles et éphémères renvoient aux corps éthérés, en ruine, inassouvis et fluides. Le désir du photographe est de passer au travers des corps, comme si se cachait quelque chose derrière l'image, comme si un mystère se lovait dans le corps de chaque femme.

Les « Nouvelles sirènes » évoluent dans un monde de silence. Elles ont, depuis longtemps, perdu leur queue de poisson et l'usage de la parole. Elles acceptent de ne plus parler, de ne pas crier, de marcher difficilement. Elles restent juste là, saisies dans l'immobilité de la photographie ou effacées par la mobilité limitée de leur corps. Ces femmes imaginées jouent avec les clichés de la féminité, leurs images sont tissées de solitude et de désirs, de tendresse et de violence, de douceur et de colère, de joie et de tristesse.

La photographie explore le désir, les moments intimes òu le corps se perd et s'oublie. Elle permet e résister à la défaillance, à l'altération de son propre corps et du corps du monde. »

Elvire Bastendorff

25 Août 2002.