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Indépendances africaines et colonisation
12-02-2011


Soirée 2 : séance de 19h00

Reassemblage

Afrique 50, René Vautier, 1950, France, noir et blanc, Beta SP, 15 min

Au départ, ce film devait s’appeler La vie du paysannat africain, pour la Ligue de l’enseignement, à destination des lycéens et collégiens de France, afin de montrer la paysannerie en Afriqueoccidentale française. Frais émoulu de l’IDHEC, René Vautier s’embarque pour la Côte d’Ivoire où au port d’Abdijan un ingénieur (blanc) lui explique cyniquement qu’il est moins cher de faire travailler des Nègres que d’électrifier le barrage que de pauvres ivoiriens s’échinaient à faire marcher. Ce sera le choc et son film finira par être le premier film anticolonialiste français.Ce film sera censuré en France jusqu’en 1990.

Reassemblage, Trinh T. Minh-ha, 1982, Sénégal, couleur, Beta SP, 40 min

Les femmes sont l’horizon et non l’objet de cette étude visuelle, complexe du Sénégal rural de Trinh T. Minh-ha, premier film majeur de la cinéaste. Grâce à la complexité de l’interaction entre le film et le spectateur, « Reassemblage » donne à réfléchir sur le film documentaire et la représentation ethnographique des cultures. « Par une mystérieuse éloquence, Reassemblage distille des sons et des images des villageois sénégalais et de leur environnement qui permetttent de reconsidérer les prémisses et méthodes des documentaires ethnographiques. Grâce à un montage disjonctif et à une narration d’investigation, ce « documentaire » est le parfait contrepoint à l’autorité d’une approche voisine de celle du National Geographic » -

Mère-Bi la mère,Ousmane William MBaye, 2008, Sénégal, Français et Wolof sous-titré français, couleur, BETA SP, 55 min

Un portrait d’Annette Mbaye d’Erneville, par Ousmane William MBAYE. Première journaliste du Sénégal, aujourd’hui âgée de 82 saisons des pluies, Annette Mbaye d’Erneville s’est très tôt sentie concernée par le développement de son pays. Militante de la première heure pour la cause de l’émancipation des femmes, elle est à la fois une pionnière et une anti-conformiste. Née à Sokone en 1926, enfant de la période coloniale, elle est partagée entre une éducation un peu « vieille France » et un amour viscéral pour sa terre et ses traditions sérères. Partie étudier à Paris en 1947, elle plonge dans le milieu intellectuel des années 50 et y rencontre tous ceux qui bâtiront les Indépendances. Elle fonde une famille, enregistre ses premières émissions radio et se forme au journalisme. Sentant venir les Indépendances, elle rentre au Sénégal en 1957 pour servir son pays ! L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop, dira d’elle : « C’est qu’ayant traversé notre siècle en vraie femme de communication, beaucoup d’autres destins se sont emmêlés au sien… sa mémoire est restée prodigieusement intacte et quand on l’écoute, la surprise est grande de l’entendre égrener tant de noms de personnages illustres ou anonymes et, surtout, de générations si différentes. »