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Touch of noir
Film - Ciné Starlight
23-05-2008 / 30-05-2008



Une initiative du service culturel de la Ville de Dudelange. Festival organisé par le Centre culturel régional "opderschmelz" et la Ville de Dudelange, en collaboration avec le Centre National de l'Audiovisuel (CNA) et la Cinémathèque de la Ville de Luxembourg.
A travers les multiples disciplines artistiques dans lesquelles il se manifeste, le Noir est, à travers ses différentes manifestations et influences, un style, une atmosphère, une attitude, une philosophie, un tempérament, un mouvement. Ses multiples facettes insaisissables n’ont pas fini de nous fasciner, de nous défier.

Vendredi 23 mai 2008 à 20h00
Avant-première du film
PEUR(S) DU NOIR (2008)
Cinéma Starlight / CNA
Dessin animé de Etienne Robial (direction artistique)

Dessin animé réservé aux adultes, Peurs du Noir est un projet radical et ambitieux, marquant une nouvelle date dans l’animation française. Autour du thème commun de la peur, les 6 réalisateurs de cette anthologie originale, dont l'Américain Charles Burns et l'Italien Lorenzo Mattotti, donnent libre cours à une imagination sans frontières, glissant dans les interstices de l’inconscient, flirtant avec les rêves et les idées noires. Le spectateur est invité à entrer dans un univers fantastique, à renouer avec ses propres hantises, celles de l'enfance et ses placards obscurs peuplés de monstres et de croquemitaines. Les différents chapitres entrebâillent les portes du mystère, laissent deviner l'indicible fragilité de l'esprit.

Les auteurs semblent avoir trempé leurs pinceaux dans l'encre opaque des cauchemars pour en extraire l’étrange, le bizarre, l’insondable, chacun avec un style bien particulier. Mais l’ensemble est d’une épatante cohérence, grâce à une direction artistique élégante. Un parti pris audacieux de noir et blanc est à l'origine d'un travail subtil sur l'ombre et la lumière, aboutissant à un amalgame déstructuré, absurde, poétique, souvent horrifique, fonctionnant comme un train fantôme qui s'enfonce dans un tunnel sans fin.





Dimanche 25 mai 2008
La Cinémathèque de la Ville de Luxembourg présente:
Trésors de la Cinémathèque
THE WOMAN IN THE WINDOW à 17h30
FAREWELL MY LOVELY à 19h30

Cinéma Starlight / CNA


THE WOMAN IN THE WINDOW
de Fritz Lang ( 1944 )

Dans cet étrange et envoûtant chef-d'œuvre, Fritz Lang joue avec les codes du film noir et allonge ses personnages maudits sur le divan du psychiatre. Avec sa mise en scène sûre et précise, ainsi qu'une superbe photographie noir et blanc, Lang opte pour la stylisation épurée en façonnant habilement un climat onirique empreint de mystère et fantasmes, et empruntant beaucoup à l'expressionisme allemand. Dans un vrai tour de force artistique, il prend le spectateur au piège des chimères et apparences. La femme au portrait en question, interprétée par Joan Bennett, n'est pas vraiment à l'image de la sempiternelle femme fatale, mais au contraire présenté comme une simple victime des circonstances au même titre que le personnage du professeur, interprété par Edward G. Robinson, littéralement emmuré dans ses convictions scientifiques. Ici le cadre du fascinant portrait, une image dans l'image, est comme propagé à l’infini dans la prolifération de vitres, de miroirs, de portes, de tout type d’encadrements qui prennent place dans le cadre même de l’écran, et sont là comme pour multiplier dans un kaléidoscope cauchemardesque les frontières tangibles entre rêve et réalité.




FAREWELL MY LOVELY
de Dick Richards ( 1975 )

Plus qu'un remake du film homonyme d'Eward Dmytryk avec Dick Powell, réalisé en 1942, cette petite merveille signée Dick Richards est une nouvelle adaptation qui réussit à transposer à l'écran l'univers de Raymond Chandler avec une fidélité exemplaire. Nonobstant la performance légendaire de Humphrey Bogart dans "The Big Sleep", l'interprétation magistrale de Robert Mitchum tend à l'identification totale, trait pour trait, avec le personnage fictif de Philip Marlowe, le plus célèbre détective privé de la littérature policière. Le grain de génie qu'on trouve dans le "Chinatown" de Roman Polanski fait certes défaut ici, mais le spectateur se trouve rapidement désarmé devant la splendeur des images du grand directeur de la photographie John A. Alonzo, la musique magnifique de David Shire, les superbes décors et costumes. Avec une atmosphère de film noir extrêmement stylisée, ce film quasi archétypique est précurseur d'un certain style de bande dessinée des années 80.