La fiction éclatée: petits et grands écrans français et francophones (Lyon 2004)
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La réception du cinéma français au Luxembourg au cours des années 30 par Paul Lesch
Avec l'avènement du sonore au début des années 30, le cinéma français connaît un déclin temporaire face au cinéma allemand linguistiquement plus accessible aux Luxembourgeois. En dépit d'une francophilie fortement implantée, une majorité de Luxembourgeois ont en effet de meilleures connaissances en allemand, dues essentiellement à la proximité entre le luxembourgeois et la langue de Goethe. Cette décrue, certes passagère mais néanmoins très réelle, est regrettée par un certain nombre d'intellectuels de l'époque au nom d'un nécessaire équilibre culturel entre influences germaniques et romanes au Luxembourg.
Au cours des années 30, certains films français sont victimes de la censure luxembourgeoise. Si Lucrèce Borgia (Abel Gance, 1935) est interdit pour des raisons morales et religieuses, à l'approche de la guerre, plusieurs productions françaises sont censurées sur pression de la Légation allemande, qui - au nom de la neutralité du Grand-Duché - met en garde les autorités luxembourgeoises contre la programmation de films à caractère "anti-allemand" tels que L'homme à abattre (Léon Mathot, 1936), Marthe Richard au service de la France (Raymond Bernard, 1937) ou Menaces (Edmond Gréville, 1939).
Vers la fin des années 30, le cinéma français connaît une convalescence progressive, due à une succession de films populaires de qualité comme La grande illusion (Jean Renoir, 1937) ou Paix sur le Rhin (Jean Choux, 1938) présentés souvent en version originale avec des sous-titres allemands. La réputation du cinéma français au Luxembourg est dorénavant en nette progression eet l'équilibre relatif entre les films en provenance de l'Hexagone et les productions d'origine allemande est à nouveau rétablie.
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